Un appartement à 30 % ou 40 % sous le prix du marché, sans passer par le viager ni par un bien à rénover entièrement : c'est la promesse du bail réel solidaire. Le mécanisme reste mal connu, presque suspect aux yeux de beaucoup d'acquéreurs — « pourquoi si peu cher, quel est le piège ? ». Il y a bien une contrepartie, réelle et durable, mais elle n'a rien d'un piège si vous savez exactement dans quoi vous vous engagez. Voici le fonctionnement, les conditions, le calcul complet et ce qu'on ne vous dit pas toujours.

1. Le BRS en une phrase : dissocier le terrain du logement

Le bail réel solidaire repose sur une idée simple : dans le prix d'un bien, une part importante est le foncier (le terrain), et une autre est le bâti (les murs, la construction). Le BRS sépare les deux.

Concrètement :

Résultat : le prix que vous payez ne porte que sur une partie de la valeur totale du bien. C'est ce qui explique la décote de 30 % à 40 % par rapport à un achat classique équivalent dans le même quartier.

— Vous êtes bien propriétaire

Le BRS n'est ni une location, ni une location-accession. Vous détenez un vrai titre de propriété sur votre logement dès la signature chez le notaire, vous pouvez l'habiter, le transmettre à vos héritiers, et le revendre (sous conditions, voir section 5). Ce qui vous échappe, c'est uniquement la propriété du terrain sous vos pieds.

2. Qui peut acheter en BRS

Des plafonds de ressources stricts

Le BRS est un dispositif d'accession sociale à la propriété. Il n'est pas ouvert à tous les acquéreurs, mais réservé aux ménages dont les revenus ne dépassent pas certains plafonds, fixés par zone géographique et par nombre de personnes dans le foyer. Ces plafonds sont proches de ceux du prêt social location-accession (PSLA) et sont réévalués chaque année.

Composition du foyerZone B2 (type Clermont-Ferrand)Zone C (type Chalon-sur-Saône, Issoire, Le Creusot)
1 personne~ 23 500 €~ 21 200 €
Couple sans enfant~ 31 300 €~ 28 300 €
Couple + 2 enfants~ 43 000 €~ 38 900 €

Ces montants sont des ordres de grandeur du revenu fiscal de référence N-2, indicatifs et à confirmer précisément pour votre foyer auprès de l'OFS ou de votre conseiller CBF : les plafonds réels évoluent chaque année et selon la zone exacte.

Une résidence principale, pas un investissement

Le logement acheté en BRS doit être occupé à titre de résidence principale. Impossible d'en faire une location saisonnière, un investissement locatif classique ou une résidence secondaire. Si vous quittez le logement durablement sans le revendre dans les conditions prévues, l'OFS peut être fondé à vous demander de régulariser la situation, voire à exercer un droit de préemption sur le bien.

3. Le coût réel : prix d'achat + redevance foncière

C'est le point que beaucoup d'acquéreurs sous-estiment au premier abord : le prix affiché du logement n'est pas le coût total. Il faut y ajouter la redevance foncière mensuelle versée à l'OFS, qui elle ne s'éteint jamais (contrairement à un crédit qui se termine).

PosteAchat classiqueAchat en BRS
Prix d'achat100 % (foncier + bâti)~ 60 à 70 % (bâti seul)
Charge récurrente supplémentaireAucuneRedevance foncière : ~ 1 à 2,50 €/m²/mois
Fin de chargeJamais (hors taxe foncière)Jamais, redevance à vie sauf rachat du bail

La redevance est en général indexée sur un indice officiel (souvent l'indice de référence des loyers ou un indice propre à l'OFS), donc elle évolue chaque année, mais reste sans commune mesure avec un loyer de marché puisqu'elle ne couvre que l'usage du terrain.

4. Calcul concret : un T3 à Chalon-sur-Saône

Prenons l'exemple d'un couple avec un enfant, sous plafonds de ressources, qui achète un T3 neuf de 68 m² à Chalon-sur-Saône, proposé en BRS par un programme porté par l'OFS local en partenariat avec un bailleur social.

PostePrix de marché équivalentEn BRS
Prix d'achat du logement230 000 €~ 148 000 € (décote ~36 %)
Frais de notaire (réduits, environ 3 % dans le neuf)~ 6 900 €~ 4 440 €
Redevance foncière mensuelle (68 m² × ~1,80 €)—~ 122 €/mois
Mensualité de prêt estimée (hors redevance)~ 1 150 €/mois~ 740 €/mois
Mensualité totale logement~ 1 150 €/mois~ 862 €/mois

Même en intégrant la redevance foncière, le couple paie environ 290 € de moins par mois qu'en achat classique, et surtout réduit son apport et sa capacité d'emprunt nécessaires de plus de 80 000 €. C'est souvent ce qui fait basculer un dossier refusé en banque vers un dossier finançable.

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Nos conseillers vous orientent vers les programmes BRS disponibles sur Clermont-Ferrand, Chalon-sur-Saône, Le Creusot et Issoire, et vérifient votre éligibilité aux plafonds de ressources.

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5. La revente : le point qu'il faut comprendre avant de signer

Un prix de revente plafonné

Le BRS n'est pas conçu pour la spéculation. Si vous revendez votre logement, le prix n'est pas libre : il est encadré par une formule fixée dans le bail, généralement indexée sur l'indice du coût de la construction ou un indice équivalent défini par l'OFS. Vous récupérez donc votre mise de départ réévaluée, mais rarement la plus-value qu'un bien classique aurait pu prendre dans un marché en hausse.

Un acquéreur qui doit, lui aussi, être éligible

Vous ne pouvez pas revendre à n'importe qui : votre acheteur doit à son tour respecter les plafonds de ressources en vigueur au moment de la vente. L'OFS dispose en général d'un droit de préemption ou d'un droit de regard sur la transaction pour s'assurer du respect de ces règles. Dans les faits, cela allonge parfois le délai de revente par rapport à un bien classique, car le nombre d'acheteurs potentiels est plus restreint.

— Ce que l'on oublie souvent de dire

Le BRS est pensé pour des ménages qui projettent de rester longtemps dans le logement, pas pour un achat-revente à 5 ans. Si votre horizon de vie professionnelle ou familiale est incertain sur cette durée, pesez sérieusement cette contrainte avant de vous engager : la décote à l'achat a pour contrepartie une sortie moins souple qu'un bien classique.

6. BRS, PTZ, PSLA : ne pas confondre

BRS + PTZ, un cumul puissant

Le grand avantage du BRS est sa compatibilité avec le prêt à taux zéro, y compris dans des zones où le PTZ classique dans l'ancien serait plus restreint. Le foncier étant exclu du prix, le montant à financer est plus faible, ce qui permet au PTZ de couvrir une part proportionnellement plus importante de l'opération. C'est souvent la combinaison qui permet à un primo-accédant modeste de basculer de locataire à propriétaire sans apport conséquent.

BRS vs location-accession (PSLA)

CritèrePSLA (location-accession)BRS
Statut initialLocataire-accédantPropriétaire du bâti dès la signature
Propriété du terrainAcquise à la levée d'optionJamais acquise (bail très long)
Charge récurrenteRedevance locative puis fin à la levée d'optionRedevance foncière à vie
ReventeLibre une fois propriétaire pleinEncadrée indéfiniment

En résumé : le PSLA est une étape transitoire vers une propriété classique. Le BRS est un statut de propriété durable mais encadré, qui ne redevient jamais un achat classique.

7. Où trouver des programmes en Auvergne et Bourgogne

L'offre en BRS dépend entièrement de la présence d'un OFS actif localement et de programmes agréés. Elle se développe progressivement, portée le plus souvent par :

Sur le bassin clermontois et le bassin chalonnais, les opérations restent encore peu nombreuses par rapport au marché classique et se libèrent souvent par vagues de commercialisation. Le bon réflexe est de vous positionner en amont, dès l'ouverture des réservations, car la demande dépasse fréquemment l'offre disponible sur ces programmes très décotés.

8. Avantages et limites, sans filtre

Ce qui joue clairement en faveur du BRS

Ce qui doit vous faire réfléchir

— Notre avis terrain CBF Conseils

Le BRS n'est pas un produit pour tout le monde, mais c'est une vraie porte d'entrée pour des ménages qui, sinon, resteraient locataires faute d'apport suffisant. Notre conseil : ne le voyez pas comme un placement, voyez-le comme un accès à un logement stable et moins cher que le marché, sur un horizon long. Si vous envisagez de revendre sous 5 à 7 ans, un achat classique, même plus modeste en surface, reste souvent plus pertinent.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le bail réel solidaire (BRS) ?

Le BRS est un dispositif d'accession sociale à la propriété qui dissocie le foncier du bâti. Vous achetez uniquement les murs de votre logement, un Organisme de Foncier Solidaire (OFS) reste propriétaire du terrain, et vous lui versez en échange une redevance mensuelle modique. Le prix d'achat est ainsi réduit de 30 % à 40 % par rapport au marché classique.

Qui peut acheter en BRS en 2026 ?

Le BRS est réservé aux ménages sous plafonds de ressources, fixés par zone géographique et composition du foyer (proches des plafonds du prêt social location-accession). Le logement doit être occupé à titre de résidence principale. Les plafonds sont réévalués chaque année et varient sensiblement entre l'agglomération clermontoise et les zones rurales de Bourgogne.

Combien coûte la redevance foncière du BRS ?

La redevance foncière se situe en général entre 1 € et 2,50 € par m² et par mois selon l'OFS et la localisation. Pour un logement de 70 m², comptez environ 70 à 175 € par mois en plus du remboursement de votre prêt, mais ce montant vient en compensation d'un prix d'achat très inférieur au marché.

Peut-on revendre un logement en BRS ?

Oui, mais la revente est encadrée : l'acquéreur doit lui-même respecter les plafonds de ressources du BRS, et le prix de revente est plafonné selon une formule d'indexation définie par l'OFS, généralement liée à l'indice du coût de la construction. Cela évite la spéculation mais limite la plus-value que vous pouvez espérer réaliser.

Le BRS est-il cumulable avec le PTZ ?

Oui, et c'est l'un des grands atouts du dispositif. Le prêt à taux zéro peut financer une partie de l'achat en BRS sans condition de zone géographique tendue, contrairement au PTZ classique dans l'ancien. Le cumul BRS + PTZ permet à de nombreux primo-accédants modestes de devenir propriétaires avec un apport réduit.

Quelle est la différence entre BRS et location-accession (PSLA) ?

Dans le PSLA, vous êtes locataire puis devenez pleinement propriétaire du bien (foncier compris) après la levée d'option. Dans le BRS, vous êtes propriétaire des murs dès la signature mais jamais du terrain, que vous louez indéfiniment à l'OFS via un bail de longue durée (18 à 99 ans). Le BRS maintient donc la décote et l'encadrement de revente sur le très long terme, alors que le PSLA s'apparente à un accession classique différée.

Le BRS est-il disponible partout en Auvergne et en Bourgogne ?

Non, l'offre dépend de la présence d'un Organisme de Foncier Solidaire actif et de programmes agréés localement. Elle se développe surtout dans les agglomérations comme Clermont-Ferrand et Chalon-sur-Saône, portée par les métropoles et les bailleurs sociaux, mais reste encore limitée en volume par rapport au marché classique. Renseignez-vous programme par programme.