On les appelle « frais de notaire », mais le notaire n'en garde presque rien. Sur les 16 000 € que vous payez en plus du prix d'un appartement ancien, plus de 12 000 € partent en impôts. En 2026, la facture grimpe encore avec la hausse des droits départementaux. Voici la décomposition réelle, le calcul exact, un exemple chiffré sur Clermont-Ferrand, et les leviers légaux pour payer moins.

1. Frais de notaire 2026 : l'ordre de grandeur

Première chose à graver : les frais de notaire dépendent surtout du type de bien, pas de votre dossier. Deux régimes existent, et l'écart est énorme.

Type de bienTaux moyen 2026Sur 220 000 €
Ancien (maison, appartement de revente)~ 7 % à 8 %~ 16 500 à 17 500 €
Neuf (VEFA, logement récent)~ 2 % à 3 %~ 5 000 à 6 500 €

La différence vient des droits de mutation : pleins dans l'ancien, fortement réduits dans le neuf. C'est l'argument financier numéro un en faveur d'un achat neuf, à mettre en balance avec un prix au m² souvent plus élevé.

— Le terme est trompeur

« Frais de notaire » est un raccourci. Le vrai nom est frais d'acquisition. Sur ces frais, l'émolument réellement perçu par l'office notarial représente à peine 10 % du total. Le reste, ce sont des taxes que le notaire collecte pour le compte de l'État, du département et de la commune avant de les reverser.

2. Ce que contiennent vraiment les frais

Décomposons un frais de notaire d'ancien typique. Sur 100 € de frais, voici où va l'argent.

PostePart approximativeÀ qui ça va
Droits de mutation (DMTO)~ 80 %Département + commune + État
Émoluments du notaire~ 10 %L'office notarial (barème réglementé)
Débours et formalités~ 7 %Documents, géomètre, cadastre, publication
Contribution de sécurité immobilière~ 3 %État (0,10 % du prix)

Les droits de mutation (le gros morceau)

Ce sont les droits d'enregistrement payés à la collectivité. Dans l'ancien, ils se composent de trois éléments :

Soit, avec une taxe départementale à 4,50 %, un total de droits de ~5,81 % du prix. À 5,00 %, on monte à ~6,32 %.

Les émoluments du notaire

C'est la seule part qui rémunère réellement l'office. Elle est fixée par un barème national identique partout en France (un notaire de Clermont-Ferrand applique le même tarif qu'un notaire parisien). Le barème est dégressif par tranches :

Tranche du prixTaux (HT)
De 0 à 6 500 €3,870 %
De 6 500 à 17 000 €1,596 %
De 17 000 à 60 000 €1,064 %
Au-delà de 60 000 €0,799 %

À ces émoluments s'ajoute la TVA à 20 %. Plus le bien est cher, plus le taux moyen d'émolument baisse : c'est pour ça que les frais en pourcentage diminuent légèrement sur les biens haut de gamme.

Débours et contribution de sécurité immobilière

Les débours sont les sommes avancées par le notaire pour obtenir les documents nécessaires : extrait cadastral, état hypothécaire, document d'urbanisme, frais de géomètre, etc. Comptez en général 800 à 1 400 €. La contribution de sécurité immobilière (ex-« conservation des hypothèques ») est de 0,10 % du prix, reversée à l'État pour la publication de la vente.

3. La hausse des droits de mutation en 2026

C'est la nouveauté qui pèse sur les budgets cette année. La loi de finances 2025 a autorisé les départements à relever leur taux de droit de mutation départemental de 4,50 % à 5,00 % maximum, soit +0,5 point, pour les actes signés entre le printemps 2025 et le 31 mars 2028. La mesure visait à compenser la baisse des recettes des départements liée au ralentissement du marché.

Concrètement, sur un bien à 220 000 €, +0,5 point de droits représente environ +1 100 € de frais.

— À vérifier dans votre département

La hausse n'est pas automatique : chaque conseil départemental décide de l'appliquer ou non, et peut prévoir une exonération pour les primo-accédants. La majorité des départements ont voté la hausse à 5,00 %. Pour le Puy-de-Dôme (63) et la Saône-et-Loire (71), la situation a pu évoluer depuis la publication de cet article : avant de boucler votre budget, faites confirmer le taux exact applicable à votre commune par votre notaire ou votre conseiller CBF. C'est le seul moyen d'avoir un chiffre fiable au centime près.

4. Calcul concret pour un achat à Clermont-Ferrand

Prenons un cas réel : un couple achète un appartement ancien à 220 000 € à Clermont-Ferrand, frais d'agence inclus à la charge acquéreur de 9 000 €. Le prix taxable retenu pour les droits est le prix du bien hors honoraires d'agence quand ceux-ci sont correctement isolés (voir section 6). On retient donc une base de 211 000 €, arrondie ici à 211 000 € pour l'exemple.

PosteCalculMontant
Droits de mutation (5,81 %)211 000 × 5,81 %~ 12 260 €
Émoluments notaire (HT)barème dégressif~ 2 080 €
TVA sur émoluments (20 %)2 080 × 20 %~ 415 €
Débours et formalitésforfait~ 1 200 €
Contribution sécurité immobilière (0,10 %)211 000 × 0,10 %~ 211 €
Total frais d'acquisition~ 16 170 €

Soit environ 7,3 % du prix du bien. Si le département applique la hausse à 5,00 % de taxe départementale, ce total grimpe d'environ 1 060 € pour atteindre ~17 230 € (~7,8 %). À l'inverse, le même bien acheté neuf en VEFA à 220 000 € entraînerait des frais d'environ 5 500 à 6 500 € (~2,8 %), grâce aux droits réduits.

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Nos conseillers calculent vos frais d'acquisition au plus juste selon votre commune (Clermont, Chalon, Le Creusot, Issoire), le type de bien et la part mobilière déductible.

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5. Ancien ou neuf : pourquoi un tel écart

Dans le neuf, la vente est soumise à la TVA immobilière (déjà incluse dans le prix affiché) et bénéficie en contrepartie de droits de mutation réduits : la taxe de publicité foncière tombe à environ 0,715 % au lieu de ~5,81 %. C'est ce qui ramène les frais à 2-3 %.

Sont considérés comme « neuf » au sens fiscal :

Attention : un logement de 3 ans revendu une seconde fois bascule dans le régime de l'ancien, avec les droits pleins. La règle des frais réduits ne joue qu'à la première mutation.

6. Comment réduire légalement la facture

Levier 1 — Déduire le mobilier

Les droits de mutation ne portent que sur l'immobilier. Si le bien est vendu avec des éléments mobiliers (cuisine équipée, électroménager, meubles, véranda démontable, abri de jardin non scellé), vous pouvez retirer leur valeur du prix taxable. Sur 8 000 € de mobilier justifié, l'économie de frais est d'environ 580 €. La valeur doit être réelle et justifiée (factures, inventaire chiffré) : ne gonflez pas artificiellement, le fisc peut redresser. En pratique, on retient souvent 2 à 5 % du prix.

Levier 2 — Négocier la remise sur émoluments

Depuis 2016, le notaire peut accorder une remise allant jusqu'à 20 % sur la part de ses émoluments correspondant à la tranche du prix supérieure à 100 000 €. Pour un bien à 220 000 €, la remise s'applique sur la tranche 100 000-220 000 €. Ce n'est pas automatique : il faut la demander. L'économie reste modeste (quelques dizaines à centaines d'euros) mais elle est de droit si le notaire pratique des remises (il doit alors les appliquer à tous ses clients de manière identique).

Levier 3 — Sortir les frais d'agence du prix taxable

Quand les honoraires d'agence sont à la charge de l'acquéreur et clairement mentionnés au mandat et au compromis, ils n'entrent pas dans l'assiette des droits de mutation. Sur 9 000 € d'honoraires, c'est environ 520 € de frais évités. C'est l'une des raisons pour lesquelles le montage du mandat compte : un conseiller qui structure bien la transaction vous fait économiser sans rien changer au prix payé.

Levier 4 — Vérifier l'exonération primo-accédant

Certains départements ont assorti la hausse 2025-2028 d'une exonération de la part supplémentaire pour les primo-accédants achetant leur résidence principale. Si vous êtes dans ce cas, vous restez à 4,50 % de taxe départementale au lieu de 5,00 %. À faire confirmer pour le Puy-de-Dôme et la Saône-et-Loire avant de signer.

— Notre constat terrain CBF Conseils

Sur le bassin clermontois et bourguignon, beaucoup d'acquéreurs découvrent le montant des frais au moment du compromis, et c'est trop tard pour optimiser. Notre méthode : annoncer le chiffre dès la première offre, isoler proprement les honoraires et la part mobilière, et vérifier l'éligibilité primo-accédant. Résultat, sur un dossier moyen, on récupère couramment 800 à 1 500 € sans rien forcer.

7. Quand et comment payer ces frais

Les frais d'acquisition se règlent le jour de la signature de l'acte authentique chez le notaire, en plus du prix et de votre apport. Ils ne peuvent en principe pas être financés par le prêt immobilier classique : la banque finance le bien, rarement les frais. Quelques points pratiques :

  1. Provision : le notaire demande une provision estimée avant la signature, souvent légèrement supérieure au montant final.
  2. Régularisation : si la provision dépasse le coût réel, le notaire vous rembourse le trop-perçu dans les semaines qui suivent. C'est normal de récupérer 200 à 600 €.
  3. Apport : prévoyez ces frais dans votre apport personnel. Une banque qui finance « frais inclus » à 110 % existe mais reste rare et réservée aux très bons dossiers.
  4. Prêts aidés : le PTZ, lui, intègre les frais de notaire dans le coût d'opération financé. Voir notre guide du PTZ 2026.

8. Les erreurs à éviter

Erreur 1 — Confondre prix et budget total

Un bien affiché à 220 000 € vous coûte en réalité ~236 000 € frais inclus dans l'ancien. Raisonnez toujours en budget tout compris avant de faire une offre, sinon vous risquez de bloquer sur le financement au dernier moment.

Erreur 2 — Surévaluer le mobilier

Déduire 20 000 € de « mobilier » sur un appartement vide est un signal rouge pour l'administration. La déduction doit être plausible et documentée, sinon redressement et pénalités.

Erreur 3 — Oublier de demander le décompte détaillé

Vous avez le droit d'exiger du notaire le détail poste par poste des frais avant la signature. Demandez-le : c'est le meilleur moyen de repérer une provision surdimensionnée ou un poste discutable.

Erreur 4 — Croire que changer de notaire coûte plus cher

Les émoluments étant réglementés, prendre votre propre notaire ne coûte rien de plus. S'il y a deux notaires (un par partie), ils se partagent les émoluments. Autant être accompagné par un notaire qui défend vos intérêts.

Questions fréquentes

À combien s'élèvent les frais de notaire en 2026 ?

Environ 7 % à 8 % du prix dans l'ancien, et 2 % à 3 % dans le neuf. Pour un appartement ancien à 220 000 € à Clermont-Ferrand, comptez environ 16 500 à 17 500 € selon le taux départemental appliqué.

Que contiennent vraiment les frais de notaire ?

Environ 80 % sont des droits de mutation reversés au département, à la commune et à l'État. Environ 10 % sont les émoluments du notaire (barème national réglementé). Le reste correspond aux débours, formalités et à la contribution de sécurité immobilière (0,10 % du prix).

Les frais de notaire ont-ils augmenté en 2026 ?

Oui, indirectement. La loi de finances 2025 a autorisé les départements à relever leur droit de mutation de 4,50 % à 5,00 % maximum, pour les actes signés entre le printemps 2025 et le 31 mars 2028. La plupart des départements ont appliqué la hausse, mais des exonérations primo-accédants existent. Vérifiez le taux exact de votre département.

Qui paie les frais de notaire, l'acheteur ou le vendeur ?

L'acheteur, sauf clause « acte en main » où le vendeur les prend en charge (rare). Acheteur et vendeur peuvent avoir chacun leur notaire sans surcoût : les deux notaires se partagent les émoluments.

Peut-on inclure les frais de notaire dans le prêt immobilier ?

Rarement avec un prêt classique : la banque finance le bien, pas les frais, qui sont à régler depuis votre apport. Les prêts à 110 % « frais inclus » existent mais restent réservés aux excellents dossiers. Le PTZ, lui, intègre les frais dans le coût d'opération financé.

Comment réduire les frais de notaire en 2026 ?

Déduire la valeur réelle du mobilier du prix taxable, négocier la remise de 20 % sur les émoluments au-delà de 100 000 €, isoler les honoraires d'agence quand ils sont à la charge de l'acquéreur, et vérifier l'éligibilité à une exonération primo-accédant dans votre département.

Les frais sont-ils moins élevés dans le neuf ?

Oui, nettement : 2 % à 3 % dans le neuf contre 7 % à 8 % dans l'ancien, grâce à des droits de mutation réduits. C'est un argument financier fort, à mettre en balance avec un prix au m² souvent plus élevé dans le neuf.